L’HÔPITAL VARSOVIE, son histoire par Triny Del Tedesco.
C’est dans le château, dont la façade a été conservée, rue VARSOVIE, que fut fondé l’Hôpital VARSOVIE par l’état- major de « l’Agrupacion de Guerilleros Españoles FFI de Toulouse » (Forces Françaises de l’Intérieur) au mois de septembre
1944.
Sa création, avec une équipe médicale de très haut niveau, essentiellement Catalane, correspondait à la nécessité de traiter les blessés provenant des unités de guérilleros combattant sur les fronts de la Résistance et soigner les affections consécutives à la dure vie dans les «camps de concentration – Argelès, le Vernet-» et dans les maquis, ainsi que les soldats blessés en octobre 1944, lors de l’opération « reconquista de Espana », au Val d’Aran.
En tant qu’étrangers, cette communauté médicale n’avait le droit de soigner que les espagnols.
En mars 1945, l’hôpital militaire devient hôpital soignant des civils.
L’hôpital restera la propriété de l’Amicale des Anciens FFI et Résistants Espagnols jusqu’au 7 octobre 1950, jusqu’à ce que, considérée comme association étrangère et suspecte d’être « politiquement subversive », elle soit dissoute par arrêté du ministre de l’intérieur Henri Queuille .
Spolié par cette sanction politique infondée, dans l’intérêt des malades, le 31 octobre 1950, le conseil d’administration de l’Amicale des anciens FFI et Résistants Espagnols confie l’hôpital au professeur Joseph DUCUING.
Le 20 juillet 1955 est contituée l’association à but non lucratif des « Amis de la Médecine Sociale » ,qui assurera la gestion de cet hôpital dans la continuité de l’idéologie qui a participé à sa création.
Par son histoire, né d’un projet politique et social généreux, cet hôpital demeure le symbole de la communauté espagnole immigrée.
La question se pose : avec quel financement ?
L’hôpital fonctionnait avec du matériel de l’armée américaine ; quel réseau sous-tendait son activité ?

Le professeur Joseph PARELLO, chercheur en physique nucléaire, lui-même sauvé par le professeur J.DUCUING s’est lancé dans des recherches et a trouvé dans les archives du Musée CURIE, une lettre du 4 mai 1948 de Mme JOLIOT-CURIE, informant de l’utilisation de dons venus des Etats-Unis pour des maisons où sont admis sans distinction tous les réfugiés espagnols de 1939, dont l’hôpital VARSOVIE.
On commence à découvrir un immense élan humaniste composé d’un réseau d’artistes, de musiciens (Léonard BERNSTEIN), de peintres, de scientifiques (Albert EINSTEIN) qui s’organise autour de son président : Pablo PICASSO.
Le travail de mémoire effectué par le CHU et la fac du Mirail, ainsi que par des graphologues près la Cour d’Appel, a permis de mettre à jour des signatures prestigieuses du Livre d’Or de l’hôpital, dont Paul ELUARD venu le signer en 1948.
A sa nomination, le professeur Alban MARTINEZ fait des recherches historiques sur cette période. Elles le conduisent à Harvard où il découvre un film datant de 1947 ; film parlant (en américain) sur la « Retirada » et dont 9mn sont consacrées à l’hôpital VARSOVIE.
Il est étrange de constater que cet élan de solidarité soit venu des Etats-Unis, en pleine période de chasse aux « organisations subversives » de 1947 pendant le « Maccarthysme ».
Aujourd’hui l’hôpital VARSOVIE est un établissement partenaire du réseau mutualiste.
La volonté première de l’association gestionnaire « association des Amis de la Médecine Sociale » est de procurer à tous, sans distinction de revenus , les meilleurs soins possibles.
Ses objectifs de qualité et son éthique sont animés par des valeurs humanistes.
Le conseil d’administration est exclusivement composé de membres bénévoles.
Un grand merci à Alain RADIGALES.
A sa fierté d’être le directeur d’un tel établissement et de continuer à en développer les valeurs, avec son complice Henri RAMON, radiologue ; sur le chemin de Berthelot à l’hôpital J DUCUING ; j’ y ajoute celle de Progreso MARIN et la mienne, d’être issue comme eux de cette histoire.
Petite cocasserie Toulousaine :

La rue VARSOVIE , s’appelait à l’origine, la rue VERSO-VI ( verse le vin), en relation avec les nombreux chais qui occupaient la rue.
A la suite des crues de la Garonne, qui ont dévasté le quartier Saint-Cyprien, des plaques de rues ont dû être remplacées et mal interprétées : la rue VERSO-VI est devenue la rue VARSOVIE.

Cordialement vôtre,

Triny Del Tedesco

Nous espérons enrichir cet article d’une vidéo exceptionnelle qui retrace l’histoire de l’hôpital.

L’hôpital Varsovie, son histoire par Triny Del Tedesco